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66 BIS

L’édition de 66 Minutes sur M6 consacrée à la schizophrénie sous le titre “Schizophrènes au coeur du cauchemar” nous a attérés.

Le titre de l’émission, le choix du présentateur Xavier de Moulins d’introduire le sujet en associant le diagnostic de schizophrénie à des faits divers sanglants, de ne montrer à l’écran que des personnes en grandes difficultés, de ne filmer que des scènes d’hôpital, parfois choquantes, ont constitué une accumulation de stéréotypes éculés, et stigmatisants pour les personnes touchées par cette maladie.

Nous avons adressé à 66 Minutes un courrier de prostestation sans réponse à ce jour.








A l’attention de Monsieur Xavier de Moulins
Emission 66 Minutes – Groupe M6
89, avenue Charles de Gaulle
92200 Neuilly



Objet : « Schizophrènes au coeur du cauchemar », émission 66 Minutes de M6, le 14 avril 2019

Monsieur,

Nous avons le regret de vous informer que nous avons été extrêmement déçus et même choqués par votre émission consacrée à la schizophrénie dans l’émission 66 minutes du 14 avril 2019, sous le titre « Schizophrènes au coeur du cauchemar ».

Au début de l’émission, nous avons aperçu dans le fond plateau, la silhouette verte, emblème des « Journées de la schizophrénie », campagne de déstigmatisation conduite tous les ans en mars par des bénévoles qui se mobilisent pour dédramatiser et faire bouger les mentalités … Dans le cadre de ces “Journées de la Schizophrénie”, l’association Promesses avait reçu votre équipe qui devait, nous avait-elle dit, contribuer à cet objectif, notamment en suivant le parcours de Florent Babillote, lui-même atteint de schizophrénie, aujourd’hui marié, travaillant comme aide-soignant et vivant parfaitement normalement.

Mais le titre de votre émission, et le choix que vous avez fait d’introduire le sujet en associant le diagnostic de schizophrénie à des faits divers sanglants, de ne montrer à l’écran que des personnes en grandes difficultés, de ne filmer que des scènes d’hôpital, parfois choquantes, conduisent de façon imparable à renforcer les stéréotypes les plus éculés et stigmatisants pour les personnes touchées par cette maladie.

A cet égard, associer d’emblée la schizophrénie à un fait-divers de décapitation, et attribuer mécaniquement à la schizophrénie un autre fait-divers (l’incendie ayant fait plusieurs morts dans le 16è arrondissement de Paris) nullement lié à cette pathologie, est une parfaite illustration des graves dérives sensationnalistes et stigmatisantes que nous avons pointées il y a 3 ans dans notre étude consacrée à la représentation médiatique de la schizophrénie. Je vous joins  la synthèse de cette étude qui a remporté le prix de la communication scientifique du Congrès de l’Encéphale.

Il y a bien par la suite un ton plus proche de la compassion vis à vis des malades et, à la fin du documentaire, le témoignage d’une personne sur la voie du rétablissement, mais il intervient après une telle accumulation d’images contraires que le téléspectateur s’est déjà trouvé très largement conforté dans ses croyances initiales : à l’exception de cas extrêmement marginaux, les personnes qui vivent avec une schizophrénie, sont dangereuses et incurables. Elles appartiennent à un autre univers que celui des gens dits normaux, heureusement protégés par les barrières les maintenant à distance dans des hôpitaux psychiatriques. LIRE LA SUITE ICI


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