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Témoignage d'Arnaud

Je m'appelle Arnaud, et étant moi-même diagnostiqué schizophrène paranoïde en 2008 après plusieurs hospitalisations, mes parents ont pu suivre la formation de Profamille en 2009 avec le docteur Yann Hodé et son équipe.

J'ai plutôt bien vécu l'annonce d'un tel diagnostic parce que je pouvais enfin mettre un nom sur des troubles que je trimbalais depuis les débuts de mon adolescence, et mon psychiatre libéral m'a énormément apporté et aidé à la compréhension de la maladie ; par contre, j'ai toujours refusé avec férocité que mon psychiatre parlât de ma maladie à mes proches : cela aurait détruit la relation de confiance établie difficilement depuis plusieurs années entre mon psychiatre et moi.

Il y eut avec mes parents une période vraiment glaciale où chacun demeurait étranger l'un à l'autre puisqu'ils étaient dans une sorte d'incompréhension totale de la maladie.

Ils ne savaient pas vraiment comment se comporter avec moi : beaucoup de non-dits, de choses que l'on cherchait à se cacher ou même à se dire sans trouver les mots, certainement des rancœurs inavouées, etc. autant dire que la communication était pénible et éprouvante pour chacun, pour ne pas dire à moitié rompue.

Puis est venu le jour où mes parents ont commencé à entendre parler de la formation Profamille pour les proches de personnes atteintes de schizophrénie, par le biais des associations Schizo-Espoir et Unafam.

Quand ils m'en ont parlé plus avant pour me dire qu'ils allaient y participer, je dois avouer que j'étais hanté par l'idée qu'ils aillent parler de ma maladie à des psychiatres et autre personnel soignant que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam.

Un édifice d'hypothèses alarmistes m'assaillait - les paranoïaques me comprendront certainement, - et je m'imaginais déjà devoir continuer à vivre en étant enfermé à l'hôpital H24, sous contrainte éternelle, et j'en passe... mais force est de constater que jusqu'à l'heure actuelle, j'ai toujours pu garder ma liberté et mon taux  d'hospitalisations a énormément baissé, comme mon traitement, choses notables !

Pendant cette formation, mes parents ont pu tisser des liens avec d'autres familles dans la même situation qu'eux. C'était dense, parfois difficile car cela demandait de s'investir à fond, mais ils étaient épaulés par une équipe à l'écoute, et je pense aujourd'hui que ça a été d'une grande aide pour eux - et pour moi -, au-delà de toute remise en question un peu vaine, de nouvelles perspectives se sont ouvertes à eux, immenses et impensables auparavant.

Depuis, nous dialoguons peut-être plus facilement, la communication est revenue, et surtout, nous nous regardons avec un regard nouveau, peut-être plus serein et plus soudé que jamais pour faire face ensemble aux divers affres que la maladie nous fait vivre au quotidien.