PromesseS utilise des cookies pour vous offrir le meilleur service possible. En continuant votre navigation, vous en acceptez l'utilisation.



J'avais envie d'aide, pas de paroles




J’avais participé à un groupe de paroles à l’Unafam avec mon mari. Lui a continué, moi je suis partie. Ca ne m’aidait pas concrètement d’entendre les autres parents parler et la psychologue faire ses commentaires. Je dirais même que cela me faisait plus de mal que de bien. Mon fils allait mal, il cassait tout. J’avais envie d’aide, pas de paroles.




Un gage de sérieux

Deux ans ont passé. Mon fils était encore dans des crises d’agressivité et de violence, surtout vis-à-vis de moi-même. Mon mari et moi nous demandions ce qu’il fallait faire. J’ai rencontré par hasard une dame connue 2 ans plus tôt au groupe de paroles. Elle m’a parlé de l’existence d’un programme où l’on apprend ce qu’est la maladie.

Je me suis dit j’y vais ! J’étais tellement désemparée, souvent agressive. Je ne voyais plus mon fils, j’avais peur de lui. Dès qu’il venait à la maison et que j’étais seule, j’allais m’enfermer à la cave en attendant le retour de mon mari. Oui à ce point. J’ai été obligée de faire une cure. Sans parler d’autres soucis de santé. Cela ne pouvait plus durer comme ça. J’étais mal et je voulais comprendre.

Mon mari a pensé que je ne tiendrais pas plus dans ce groupe que dans le précédent. Il ne pouvait pas venir du fait de son travail. Mais je suis quelqu’un de volontaire. J’y suis allée. J’étais aussi rassurée que la formation soit dispensée par une psychiatre, c’était un gage de sérieux.

Bien sûr ça a été un peu difficile au début : tous les lundis, 4 heures après le travail, sans compter la préparation à la maison ; et puis des termes nouveaux à assimiler dans les premières leçons sur le fonctionnement du cerveau par exemple. Mais j’ai senti que j’allais progresser. Je me suis accrochée. Et j’ai progressé.



Une reprise du dialogue

Le groupe m’a permis de voir que je n’étais pas la seule confrontée à cette maladie. Et, surtout il m’a déculpabilisée. On culpabilise déjà facilement soi-même, et les autres vous en rajoutent sur vos soi-disant erreurs dans l’éducation, sur ceci, sur cela.

En apprenant les manifestations de la maladie, j’ai senti que cela ressemblait au cas de mon fils, même si le diagnostic n’est toujours pas posé. Ensuite, j’ai mieux compris ses réactions. J’ai su qu’il était lui aussi dans la souffrance et qu’il ne le faisait pas exprès. J’ai pu prendre du recul. J’ai appris à ne plus être dans le jugement et dans l’agressivité. A aller vers lui. A aller vers mon mari aussi, avec lequel je ne communiquais plus car toute conversation au sujet de notre fils était devenue taboue. A aller vers les autres également.car je m’étais renfermée.

J’étais frustrée et impuissante et, soudain, avec le programme Profamille j’ai senti qu’il pouvait y avoir une issue.

Les effets bénéfiques sur mon fils, je ne sais pas les mesurer concrètement. Encore que, depuis Profamille, il y a eu une reprise du dialogue de sa part. Je pense quand même que mon changement d’attitude y a contribué.

Mon fils me harcelant au téléphone jusqu’à mon travail, j’avais dû en expliquer les raisons à mon chef. Il a constaté mon évolution et m’a confié un jour que j’étais devenue plus sereine. Mes collègues aussi l’ont ressenti. Je vis mieux ma vie au bureau. J’ai pris du recul aussi par rapport à mes collègues qui m’agaçaient malgré moi avec leurs récits de bonheur familial. Je n’étais pas jalouse, mais je le vivais mal.

Aujourd’hui, cela va mieux car je suis en meilleure harmonie avec moi-même.


Le respect des malades

Il faut que ce programme se pérennise. Il apporte tant de choses sur le plan personnel et la relation à la maladie. Pour moi, c’est l’objectif n°1 de l’association Promesses.

En outre, j’attends de l’association qu’elle me permette d’aborder des thèmes qui n’ont pas pu être développés suffisamment. Par le biais de formations spécifiques. Je pense par exemple à la gestion des crises de violence d’un proche.

J’espère aussi qu’avec notre action, on va faire évoluer les mentalités. Qu’on ne dise plus « il sort de l’asile celui-là » mais que l’on parle avec respect des malades. Il serait bien que l’on cesse enfin de considérer les maladies psychiques comme des maladies taboues. Pour moi, ce sont des maladies comme les autres. 

Pin It