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Monsieur,


Le xx septembre dernier, vous étiez l’un des invités de l’émission C’ dans l’air sur France 5. Vos interventions ponctuelles ne laissaient pas présager votre dernier message inattendu et plutôt brutal : « les Français sont schizophrènes ».

L’association PromesseS est née de la volonté de parents ou proches de personnes souffrant de schizophrénie de mettre un terme à la stigmatisation, souvent liée à une utilisation inappropriée du vocabulaire. Nous sensibilisons aux dégâts que peuvent provoquer des propos comme ceux que vous avez tenus.

 Le terme schizophrénie a été créé en 1911 par un psychiatre pour définir une maladie mentale source de très nombreuses souffrances (5 à 10% des malades meurent par suicide, leur espérance de vie est réduite de 25 ans). La schizophrénie touche 1% de la population mondiale, soit environ 600 000 personnes en France. En comptant les familles, parents, conjoints, fratries, on atteint un total de 3 à 5 Millions de personnes impliquées.

Rares sont les articles scientifiques publiés sur ce sujet par la presse généraliste, même si l’on peut constater une évolution plus favorable très récente. La plupart du temps, la presse relaie des faits divers qui renforcent les clichés véhiculés dans la mentalité collective ou utilisent le mot schizophrénie dans le sens métaphorique, contribuant ainsi à la diffusion des préjugés. C’est exactement ce à quoi correspond la figure de style que vous employez. Vous ne connaissez pas ce qu’est cette maladie, sinon vous ne pourriez pas user de ce terme. L'ambivalence ou le maintien de positions contradictoires n'a aucun rapport avec le sens du mot schizophrène.

En tant que grand reporter au journal xxx, vous ne pouvez pas non plus ignorer que la pathologie de la schizophrénie est un problème majeur de santé publique et qu’un bébé sur 100 qui nait aujourd'hui présentera ce trouble à l'âge adulte. Votre famille, vos amis, vos proches sont concernés. Les conséquences sont multiples à tous les niveaux, y compris pour ceux qui œuvrent à un accompagnement au plus près des possibles. Un propos qui stigmatise est comme une porte qui se ferme.


Si vous souhaitez comprendre mieux, des témoignages peuvent vous aider :


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> Le discours à contre-courant du PDG de Danone devant les étudiants d’HEC https://start.lesechos.fr/continuer-etudes/master-ms-mba/le-discours-a-contre-courant-du-pdg-de-danone-a-hec-5078.php







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Le témoignage d'une personne concernée, qui évoque sa difficulté au travail : https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/moi-maud-f-cadre-superieur-et-schizophrene_1307947.html







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Le blog emblématique d'une personne souffrant de schizophrénie, qui sait parler de son énervement quand on emploie ce terme à tort et à travers : TA GUEULE BORIS - Le blog sur la schizophrénie sous forme de bande dessinée. BD teintées de psychiatrie, d'humour et de café.








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Enfin, notre association a fait réaliser par l’ObSoCo une étude sur l'emploi du terme schizophrénie dans la presse et le poster ci-joint vous en donnera un aperçu.

L’objectif est de sensibiliser tous ceux qui ont un impact dans les médias, parce que la répercussion de leurs propos est puissante. Il est temps que le tabou cesse pour que les malades bénéficient de la compassion nécessaire et de nouveaux moyens pour les aider dans leur lutte constante.

Vous pouvez nous aider à changer le regard des journalistes, des politiques, ainsi que du plus grand nombre de citoyens.

Nous vous en remercions d’avance.

Marion Paoli

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